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Kadda C. une vie dans le bitume (né en 1944 en Algérie)

Des douars pendant la guerre d’Algérie aux bidonvilles de banlieue parisienne

vendredi 15 octobre 2010, par Frédéric Praud

Kadda C. est né en 1944 en Algérie, dans un douar près de Mostaganem. Après une adolescence passée pendant la guerre d’indépendance, il arrive en France par hasard, et s’y installe, pour y suivre une carrière dans le goudron, et dans l’action syndicale.

La famille de Kadda travaillant pour les fermes coloniales, il est lui-même amené à y travailler assez jeune. Il grandit pendant la colonisation et passe son adolescence pendant la guerre d’Algérie, témoin de ses horreurs. Après l’indépendance, il se marie, et vient en vacances en France ; il découvre alors, les bidonvilles de la banlieue parisienne et décide malgré tout de s’y installer. Quelques petits boulots, puis il commence à travailler dans le secteur du goudron. Dans les années soixante-dix, grâce au regroupement familial, il fait venir sa famille. Il s’engage à la CGT, quitte à ce que sa carrière pâtisse de son militantisme. Depuis qu’il est à la retraite, il reprend les cours, pour apprendre à lire et écrire le français. Très attaché à l’Algérie où il a fait construire une maison, pour lui néanmoins, un homme appartient au pays dans lequel il vit.

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ENFANCE ET JEUNESSE ALGÉRIENNES : Kadda né en 1944

Famille du côté paternel, agriculteurs chez les colons, à Sayada ; La maison familiale en décrépitude, dans un douar ; Des ancêtres aux côtés de l’Emir Abd el Kader, la guerre de l’encolure

La passion de la fantasia : un cheval est une question d’honneur ! ; La fête de Wahda ; La difficile condition des femmes algériennes ; La Deuxième Guerre mondiale et le manque de nourriture

La maison de mon enfance, dans le douar, sur les contreforts de la montagne ; L’école française inaccessible sauf pour les enfants du Caïd ; L’école coranique : apprendre à lire et à écrire en arabe ;

les fermes coloniales mieux loties que les villages ; Le gérant souvent un pied-noir d’origine espagnole ; Un travail harassant pour les ouvriers agricoles, la vigne et les orangers près de Mostaganem ; Le rôle des caïds et des chefs de douar de l’administration coloniale ; Ils avaient tout pouvoir sur les gens, donc pouvaient en abuser ; La Mairie de Sayada n’était pas notre monde

Une vie en autarcie dans le douar isolé dans la montagne, pas de route, pas d’eau ; Le médecin n’arrivait pas jusqu’à chez nous ; Le français n’était pas notre langue, nous n’y avions pas accès ; Rêves d’enfant, un cheval pour la fantasia

La peur de parler, mieux vaut ne rien savoir sur les fellagas ; Jeux et divertissements dans la montagne, avec les bergers ; Fêtes religieuses et traditionnelles, Achoura sous « le tunnel »

1954, le nouveau travail de mon père, manœuvre électricien à Mostaganem ; L’élargissement des horizons, première visite à la ville pendant le Ramadan ; Début de la guerre d’Algérie, premiers soldats français 1955/56 dans le douar, la peur…

Le développement des écoles en 1958, j’étais trop âgé ; 1959, installation à Mostaganem, rester au douar est devenu trop risqué ; Les rafles et tortures des villageois

Une question d’honneur ! Le soldat avait volé mon réveil ; Les harkis ; Les trois-quarts des hommes de notre douar torturés ; L’hébergement des fellagas la nuit

Récolter l’argent pour le FLN ; Le quartier El-Zafi et les attentats en ville à partir de 1960 ; Portrait d’un tueur du FLN ; L’OAS tirait dans le tas, 1961/62 ; Un vent de liberté, 1961, manifestation à Mostaganem

Avec ou sans l’Indépendance, j’étais dans la misère, mais quitte à être dans la misère, je préférais être libre plutôt que menotté !

Le cessez-le-feu, 1962, les quartiers et communautés sont séparés ; L’exil des pieds-noirs pauvres au dernier moment ; Le sort des harkis

Avec l’indépendance, je deviens responsable de 5/6 hectares d’orangers et de pommiers ; Mariages… le second était le bon ; Prendre mes vacances en France, pourquoi pas !

« Vacances » en France, découverte des bidonvilles ; Chez nous les animaux étaient mieux logés ! ; Des bidonvilles dans des champs, sans eau ni électricité, à Bonneuil sur Marne ; 1965, rester en France ou pas ? Poussé par mon beau-frère, le doute s’installe !

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QUARANTE ANS DE VIE EN FRANCE

Toute une carrière « dans le goudron » ; Aucune sécurité, le bruit résonne encore aujourd’hui dans mes oreilles ; Deux ans de bidonville, 1965-1967… aucun choix

Une caisse de solidarité au cas où ! ; Travailler un an ou deux et retourner au pays ; J’envoyais mon argent chez moi, à ma femme, puis à mes parents ; Cacher la vérité, la misère, aux familles restées au pays

Regroupement familial, l’arrivée de ma famille en 1971 dans un appartement à Dammarie-les-Lys ; L’action syndicale et mai 68 ; Des Portugais, des Algériens, des Espagnols, tous au travail, ensemble

Racisme et discriminations, je jouais mon rôle de représentant du personnel malgré tout ; Je n’ai pas été augmenté car je défendais les autres ;

Une grande famille, les naissances… ; Mes enfants devaient avoir ce que je n’ai pas eu ; Demander la nationalité française en 1999 ; Une double culture : une maison en Algérie, une vie en France

Jeunes d’hier et d’aujourd’hui dans la cité d’HLM ; Tous ces jeunes sont français, à l’Etat de ne pas l’oublier ;

Retrouver les solidarités entre migrants, entre habitants de la cité, de la ville ; Le temps des gardiens d’immeubles ; La guerre civile en Algérie des années quatre-vingt-dix

Message aux jeunes : ne pas se décourager au niveau travail

Voir en ligne : Des douars aux bitumes de France

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